Salariés cadres : les pièges de l’été

29 juillet 2026
Salariés cadres,  si les vacances d’été doivent être sources de déconnexion, cette période précède aussi une étape importante de l’entreprise, la rentrée du mois de septembre.
Ce temps mort est aussi anticipé stratégiquement par les directions d’entreprises.
Ce que l’on peut appeler le « piège de l’été » peut ainsi prendre la forme d’une stratégie insidieuse de déstabilisation utilisée par certaines entreprises pour notifier des licenciements de salariés cadres profitant de la période estivale.
Quelles sont ces tactiques estivales loin d’être innocentes ?

1. Pression déguisée avant les congés du collaborateur : utilisation de modifications d’objectifs ou de reproches sur l’insuffisance professionnelle par exemple au cours d’entretiens informels ou d’entretiens professionnels annuels (notation) afin de justifier le lancement d’une procédure de licenciement pendant le mois d’août.

Cette technique a « l’avantage » de faire stresser et de fatiguer le salarié pendant ses congés. Le salarié épuisé risque alors d’adopter une posture défensive et de justification à sa reprise de poste moins propice à une défense sereine voire à envisager la démission ou une rupture amiable au rabais.

Il peut aussi s’agir de modifications (souvent informelles ou peu claires) à votre poste : demandes de compte-rendu réguliers, demande de collaboration avec un autre manager ou un manager de transition, collaborateurs ne se référant plus à vous, missions identiques confiées à plusieurs encadrants, exclusion à la dernière réunion de la saison (Comex ou autres), mise en place d’un PPI (outil anglo-saxon pour Performance Improvement ou plan d’amélioration de la performance) sur une période de plusieurs mois et souvent jusqu’à la fin de l’année.

2. Effet de surprise pendant les congés estivaux ou dès la reprise : réception par voie postale d’une convocation à un entretien préalable alors que la vigilance est basse. Cette convocation peut également être jointe d’une mise à pied à titre conservatoire lorsqu’elle est remise en mains propres à votre reprise.

Les absents ont aussi toujours torts, c’est encore plus vrai dans l’entreprise.

Votre absence permet à votre employeur de rechercher (en prenant son temps) toute sorte d’éléments sur votre messagerie professionnelle lorsque de votre côté vous n’intervenez plus volontairement du fait de vos congés. En effet, l’employeur pourrait avoir à coeur de respecter votre droit à la déconnexion voir de vous sanctionner en cas de non respect de celui-ci..

3. Isolement du salarié : difficulté à joindre un conseil juridique, un avocat ou les représentants du personnel en plein mois d’août.

Avez-vous reçu une convocation officielle ou faites-vous face à une pression particulière de votre hiérarchie avant les congés ?
Salarié cadre, plus vous consultez en amont un avocat expert en droit du travail, moins vous vous donnez la chance de subir la situation à votre retour.
Par ailleurs, si nous retardons la procédure envisagée de licenciement, vous vous laissez la chance de négocier, à votre avantage, votre sortie.

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